Deliverability

Mauvaise nouvelle : vous êtes sur une liste de blocage. Pire encore : ce n’est même pas le vrai problème. 

Vos indicateurs de délivrabilité sont en baisse. Peut-être que vos emails arrivent moins souvent dans la boîte de réception Gmail. Peut-être que Microsoft rejette vos emails. Peut-être encore que vos taux d’ouverture se sont effondrés, emportant avec eux votre confiance pour le reste du trimestre. Quel que soit le symptôme, quelque chose ne va clairement […]
Image for Mauvaise nouvelle : vous êtes sur une liste de blocage. Pire encore : ce n’est même pas le vrai problème. 

Vos indicateurs de délivrabilité sont en baisse. Peut-être que vos emails arrivent moins souvent dans la boîte de réception Gmail. Peut-être que Microsoft rejette vos emails. Peut-être encore que vos taux d’ouverture se sont effondrés, emportant avec eux votre confiance pour le reste du trimestre. Quel que soit le symptôme, quelque chose ne va clairement pas, et vous avez besoin d’une réponse. Maintenant. 

Vous faites donc ce que presque chaque expéditeur fait ensuite : vous collez votre adresse IP ou votre domaine dans un outil de recherche de liste de blocage. 

Et là, ça apparaît : du texte rouge, des icônes d’avertissement, peut-être même plusieurs alertes empilées de façon inquiétante, comme une liste de tâches annonçant la catastrophe.

Vous êtes inscrit sur une liste de blocage. 

Ah. Mystère résolu. 

Sauf que… pas vraiment. 

L’une des erreurs les plus courantes des expéditeurs est de supposer qu’une inscription sur une liste de blocage est à l’origine de leur problème de délivrabilité, alors que très souvent, c’est l’inverse. L’inscription peut être un symptôme, mais ce n’est pas un diagnostic. Et lorsque vous confondez les deux, vous perdez un temps précieux à chercher la mauvaise solution. 

Le symptôme n’est pas le problème 

Quand j’étais plus jeune, que j’avais peu d’argent et que je vivais à Atlanta, le renouvellement de l’immatriculation de ma voiture était loin d’être une priorité dans mon budget. Je continuais à rouler avec ma Golf de 1997, le voyant moteur allumé et les plaques expirées, jusqu’au jour où j’ai fini par recevoir une contravention. J’ai alors dû me confronter à toutes les démarches nécessaires pour obtenir une immatriculation en règle. 

Première tâche : passer un contrôle des émissions. Niveau de difficulté : extrême. Ma voiture et moi n’avions visiblement pas la même vision de ce qu’il fallait pour réussir ce test. Chaque jour, je regardais ce voyant allumé sur mon tableau de bord en me demandant à quel point il serait compliqué de simplement… l’éteindre. Après tout, le raisonnement semblait logique : voyant allumé = échec. Voyant éteint = réussite. Sauf que ce n’est pas ainsi que fonctionnent les contrôles des émissions. En Géorgie, peu importe que votre tableau de bord soit débarrassé de ses voyants d’alerte. Le contrôle porte sur ce qui sort réellement du pot d’échappement. Vous pouvez donc effacer tous les avertissements affichés dans votre voiture et échouer malgré tout si le problème à l’origine de ces alertes n’a pas été réglé.

La délivrabilité des emails fonctionne de la même manière. (Suivez-moi un instant, l’analogie vaut le détour.) 

Lorsque les expéditeurs découvrent qu’ils figurent sur une liste de blocage, ils supposent souvent que cette inscription est à l’origine de leur problème. Mais dans de nombreux cas, cette inscription ressemble davantage à un échec au contrôle des émissions qu’à une cause profonde : elle rend un problème existant officiel, mais ne le crée pas. Peut-être que le taux de plaintes a augmenté. Peut-être que des pièges à spam ont été touchés. Peut-être que le problème vient du DNS (c’est toujours le DNS). Quelle que soit la cause, le problème sous-jacent affectait déjà votre réputation avant même que vous ne saisissiez votre adresse IP dans un outil de vérification.

La relation est d’ailleurs souvent circulaire. De mauvaises pratiques d’envoi nuisent à votre réputation. Une réputation dégradée contribue à une inscription sur une liste de blocage. Cette inscription peut ensuite aggraver encore davantage la délivrabilité. Au moment où vous fixez le résultat de la liste de blocage, vous regardez la fumée, mais vous n’avez toujours pas maîtrisé l’incendie.

Qu’est-ce qu’une liste de blocage ? 

Une liste de blocage n’est rien de plus qu’une liste d’adresses IP ou de domaines que quelqu’un estime devoir être considérés comme suspects. C’est tout. Il n’existe aucune autorité de référence, aucun organisme de certification international, ni de Cour suprême de la délivrabilité rendant ses verdicts depuis un imposant banc en acajou.

Si vous en aviez vraiment envie, vous pourriez créer votre propre liste de blocage cet après-midi au lieu de plier votre linge. Il vous suffirait d’un nom de domaine, de quelques enregistrements DNS et d’opinions bien arrêtées sur l’email. Félicitations, vous êtes désormais gestionnaire d’une liste de blocage. Bon, il vous reste quand même cette lessive à plier…

Cela ne veut pas dire que toutes les listes de blocage sont inutiles. Certaines sont largement reconnues et consultées par les fournisseurs de messagerie, les filtres anti-spam et les systèmes de sécurité. D’autres, en revanche, ont peu, voire aucun impact mesurable sur la délivrabilité. Le problème, c’est que les outils de vérification des listes de blocage ne vous disent rien de tout cela. Ils ne précisent pas qui utilise la liste, quelle est son influence ni si elle a réellement un impact sur la distribution de vos emails.

Ils se contentent d’afficher LISTÉ et vous laissent imaginer le pire. 

C’est un peu comme si vous ameniez votre voiture chez un garagiste et que plusieurs mécaniciens l’examinaient en même temps. L’un signale que votre niveau de liquide lave-glace est bas. Un autre pointe du doigt la fumée qui s’échappe du capot. Les deux observations peuvent être exactes. Pourtant, une seule d’entre elles explique pourquoi vous êtes en panne. 

Une évidence s’impose : toutes les listes de blocage ne se valent pas 

Certaines listes de blocage sont comparables à un contrôle technique antipollution raté : les principaux systèmes de filtrage en tiennent compte, vos emails peuvent être rejetés et votre délivrabilité peut s’en trouver immédiatement affectée. Si votre adresse IP ou votre domaine figure sur une liste de Spamhaus consultée par un fournisseur de messagerie, il faut chercher à comprendre pourquoi. D’autres listes ressemblent davantage au témoin de vidange sur le Honda Pilot de mon mari. Comme il entretient lui-même sa voiture, il ne pense jamais à réinitialiser l’indicateur. L’alerte est bien là, mais elle ne dit plus grand-chose d’utile.

Certaines listes de blocage répertorient délibérément de larges pans d’infrastructures partagées. D’autres s’appuient sur des critères sur lesquels vous n’avez, en pratique, aucun contrôle. Et puis il y a celles qui reviennent un peu à l’équivalent d’une personne seule devant sa boîte aux lettres, pestant contre toutes les voitures qui passent. À l’écran, une inscription sur Spamhaus et une alerte provenant d’une obscure liste affichée par un outil de vérification peuvent sembler identiques. En réalité, leur impact sur la délivrabilité est sans commune mesure.

La vraie question n’est donc pas : « Suis-je sur une liste de blocage ? ». C’est plutôt : « Qui utilise cette liste ? », suivie de près par : « Et, au fond, est-ce que cela a vraiment de l’importance ? ».

Lorsqu’une inscription mérite réellement votre attention, le retrait de la liste est la dernière étape, pas la première. Lorsque j’ai réparé ma voiture, les autorités n’ont malheureusement pas mis leurs dossiers à jour automatiquement. J’ai tout de même dû repasser le contrôle et prouver que le problème était résolu. C’est exactement ainsi que fonctionne Spamhaus : l’organisation s’intéresse beaucoup moins au voyant allumé sur votre tableau de bord qu’à ce qui sort réellement de votre pot d’échappement.

Parfois, le voyant reste simplement… allumé 

Une vérité un peu inconfortable : toutes les inscriptions sur une liste de blocage ne peuvent pas être corrigées, et toutes n’ont pas besoin de l’être. Certaines listes de blocage répertorient volontairement de larges portions d’infrastructures partagées. Certaines ne proposent aucun véritable processus de retrait. D’autres sont consultées par si peu de destinataires qu’en être retiré n’aurait aucun impact mesurable sur vos campagnes. Si vous envoyez vos emails via un grand service d’emailing, il vous arrivera parfois de découvrir que vous figurez sur une liste quelque part, simplement parce que l’opérateur de cette liste a des opinions très tranchées sur l’email marketing, les infrastructures cloud, ou peut-être sur la vie en général. 

Vous pouvez réparer le moteur, colmater la fuite, réussir le contrôle technique, et malgré tout devoir encore éteindre manuellement le voyant du tableau de bord. Toute personne ayant déjà possédé une voiture construite avant 1997 sait exactement de quoi je parle.

Comment finit-on sur une liste de blocage ? 

De la même manière qu’on se retrouve avec un pneu crevé : les raisons peuvent être nombreuses, mais elles se résument souvent au même constat. Chaque liste de blocage applique ses propres critères. Certaines se concentrent sur les détections de pièges à spam, d’autres recherchent des activités liées aux logiciels malveillants ou au hameçonnage. Certaines analysent les tendances de plaintes, tandis que d’autres signalent des problèmes techniques comme des relais ouverts ou des configurations DNS suspectes. Un expéditeur inscrit pour avoir déclenché des pièges à spam recyclés fait face à un problème très différent d’un expéditeur signalé pour une activité liée à des logiciels malveillants. De la même façon, un serveur web compromis ne se corrige pas comme une base de données marketing vieillissante.

L’inscription sur une liste de blocage vous indique qu’il y a un problème. La raison de cette inscription vous indique où chercher ce problème. 

Quand faut-il vraiment se préoccuper d’une inscription sur une liste de blocage ? 

Si un fournisseur de messagerie rejette vos emails à cause d’une liste de blocage, il vous l’indiquera généralement. Le message de rebond peut mentionner le nom de la liste, fournir une URL de résolution ou inclure un code d’erreur associé à cette inscription. Dans ce cas, il faut enquêter. 

En revanche, lorsqu’aucun de ces éléments n’apparaît, une simple inscription sur une liste ne devrait pas automatiquement devenir votre principal suspect. Il existe une différence importante entre constater une inscription et démontrer qu’elle affecte réellement vos emails. Les expéditeurs qui cherchent une explication et découvrent une inscription obscure la considèrent souvent comme la cause évidente du problème. Pourtant, corrélation ne signifie pas causalité, et une liste de blocage qu’aucun fournisseur de messagerie pertinent ne consulte peut n’avoir absolument aucun impact sur votre délivrabilité. 

Si vous utilisez une infrastructure partagée, demandez-vous d’abord si le fournisseur qui rejette réellement vos emails utilise cette liste de blocage, avant de conclure que vous avez trouvé le responsable. Si vous utilisez une adresse IP dédiée, la chronologie est probablement différente de ce que vous imaginez : ce n’est pas forcément « j’ai été inscrit sur une liste, puis mes emails ont été moins bien distribués », mais plutôt « la qualité de mes envois s’est dégradée, ma réputation a diminué, ma délivrabilité a souffert, puis une liste de blocage a officialisé le problème ». Supprimer l’inscription sans corriger le comportement qui l’a provoquée, c’est comme effacer le voyant moteur dans un centre automobile tout en évitant d’aller voir un vrai mécanicien : le voyant disparaît temporairement, mais le problème sous-jacent continue de s’aggraver.

Utilisez les données, mais ne déléguez pas le diagnostic 

Les outils peuvent être très utiles, à condition de bien comprendre ce qu’ils peuvent, et ne peuvent pas, vous dire. Mailgun peut vous aider à identifier des signaux de délivrabilité, des tendances dans vos rebonds, des échecs d’authentification et des indicateurs liés à votre réputation d’expéditeur. Mais aucune plateforme ne peut remplacer les questions parfois inconfortables qu’il faut se poser en interne : d’où viennent ces destinataires ? Ont-ils réellement demandé à recevoir ces emails ? Et se comportent-ils encore comme s’ils souhaitaient les recevoir ?

Un outil peut vous dire que votre taux de plainte est trop élevé, mais il ne peut pas vous dire pourquoi votre public est agacé. Vous pouvez constater rapidement que l’engagement diminue, mais pas forcément comprendre que le problème vient du fait que vous continuez à envoyer des emails à des abonnés qui n’ont pas cliqué depuis l’époque où les autoradios amovibles étaient encore à la mode. Un outil peut vous indiquer qu’un domaine ou une adresse IP figure sur une liste de blocage. En revanche, il ne peut pas déterminer si votre formulaire d’inscription est pris d’assaut par des bots, ou si votre « campagne de réactivation » revient à appuyer à fond sur l’accélérateur d’une voiture qui émet déjà un bruit inquiétant.

Alors oui, utilisez les outils ! Mais ne vous arrêtez pas là. 

Ce qu’il faut réellement analyser 

Avant de soumettre une demande de retrait d’une liste de blocage, commencez par examiner vos propres journaux d’envoi. Les signaux les plus utiles s’y trouvent généralement déjà : quels fournisseurs sont concernés, que disent réellement les messages de rebond, si vos taux d’engagement ont évolué, si vos méthodes d’acquisition ou votre fréquence d’envoi ont récemment changé, et si vos mécanismes d’authentification sont toujours correctement configurés. La plupart des grands fournisseurs de messagerie disposent de suffisamment de données internes sur la réputation des expéditeurs pour prendre leurs décisions de filtrage sans avoir besoin de consulter une liste de blocage tierce. Cela signifie que la réponse à votre problème se trouve probablement davantage dans votre historique d’envoi que dans un simple outil de vérification.

La solution est souvent… peu passionnante 

Les solutions qui améliorent réellement la délivrabilité sont étonnamment constantes : obtenir le consentement des destinataires avant d’envoyer des emails, sécuriser vos formulaires d’inscription, utiliser le double opt-in, supprimer les abonnés inactifs, traiter rapidement les demandes de désinscription, surveiller les taux de plaintes, mettre en place une authentification correcte, conserver des habitudes d’envoi régulières et envoyer des contenus que les destinataires s’attendent réellement à recevoir.

Rien de tout cela n’est particulièrement spectaculaire, et rien ne semble aussi décisif que l’envoi d’une demande de retrait d’une liste de blocage. Personne n’a envie d’annoncer à son responsable : « Bonne nouvelle, le problème vient de nous ». Mais parfois, c’est simplement le travail à faire. Les listes de blocage et les fournisseurs de messagerie réagissent aux mêmes signaux sous-jacents : améliorez ces signaux, et une grande partie des symptômes qui en découlent s’amélioreront également, y compris les inscriptions sur les listes de blocage. Si vous déclenchez des pièges à spam, personne ne va vous prescrire un enregistrement DNS magique. Si vous générez trop de plaintes, la solution ne consiste pas à adopter un nouveau protocole d’authentification. La réalité, parfois difficile à accepter, est que la plupart des problèmes modernes de délivrabilité ne sont pas des problèmes d’infrastructure. Ce sont simplement de vieux problèmes de qualité des données.

La vraie question 

Découvrir une inscription sur une liste de blocage vous donne quelque chose de concret à pointer du doigt, et parfois cette explication est effectivement la bonne. Mais la plupart du temps, cette inscription n’est que la preuve qu’un autre problème est apparu avant.

La vraie question à se poser n’est donc pas : « Comment faire disparaître cet avertissement disgracieux ? ». C’est plutôt : « Qu’est-ce qui s’est passé pour déclencher ce signal au départ ? ».

C’est une réponse beaucoup moins satisfaisante. Mais c’est aussi celle qui vous permettra de retrouver votre place dans le flux normal de la délivrabilité.

Tenez-moi au courant ! Recevez d’excellentes ressources dans votre boîte de réception chaque semaine.
Envoyez-moi la newsletter de Mailgun. J’accepte expressément de recevoir la newsletter et je sais que je peux facilement me désabonner à tout moment.

Consultez votre boîte de réception chaque mois pour recevoir votre newsletter Mailgun !